Bien choisir ses couleurs pour le web

Plus d’un européen sur 8 présente des déficiences de perception des couleurs(1)(2). Les daltoniens, qui en ont sûrement ras-le-bol que l’on se serve d’un film de Walt Disney comme moyen mnémotechnique(3), représentent en France un homme sur 12.

Oui mesdames! J’ai bien dit “un homme sur 12″. Car en ce qui concerne les femmes, vous n’êtes que 0,4% en Europe a présenter ce genre de limite visuelle.

Rendez votre site lisible pour le plus grand nombre

Choisir la palette de couleurs de votre site n’est donc pas si anodin et ne comptez pas sur Piwik ou Google Analytics pour indiquer le pourcentage de vos visiteurs atteints de dyschromatopsies ou d’achromatopsies. Ce genre d’informations n’est pas récupérable via Javascript.

A part proposer une alternative en noir et blanc, le seul moyen de s’assurer que le plus grand nombre puisse lire le contenu de votre site web est de vérifier que votre choix de couleurs propose un contraste suffisant.

Dans la recommandation n°2 de “Techniques For Accessibility Evaluation And Repair Tools” , le W3C propose un mode de calcul à ce sujet que nous allons étudier ci-après et utiliser dans un exemple.

Un peu de théorie

Considérons deux couleurs au format RVB dont les composantes sont R1, V1 et B1 pour la première couleur et R2, V2, B2 pour la seconde (R pour rouge, V pour vert et B pour bleu).

On peut calculer:

  • La différence de luminosité (notée ici dL)(4):
    dL = |(299 x (R1-R2) + 587 x (G1-G2) + 114 x (B1-B2))/ 1000|
  • La différence de tonalités (notée ici dT)(4):
    dT = |R1-R2| + |V1-V2| + |B1-B2|

Au final, la majorité des gens seront capables de distinguer les deux couleurs si dL est supérieure à 125 et si dT est supérieure à 500(5).

Un peu de pratique

Pour notre exemple, nous allons choisir des couleurs bien énervantes à lire, comme du rouge sur du violet.

Sur le web, on note généralement ces valeurs en hexadécimal comme ceci : #80AB23 mais comme nous devons faire des calculs, nous les noterons ici sous la forme rgb(R,V,B) chaque composante étant un nombre décimal allant de 0 à 255.

Couleur n°1 : rvb(128, 0, 0)
Couleur n°2 : rvb(128, 0, 128)

dL = |( 299 x (R1-R2)   + 587 x (G1-G2) + 114 x (B1-B2) ) / 1000|
dL = |( 299 x (128-128) + 587 x (0 - 0) + 114 x (0-128) ) / 1000|
dL = |( 299 x 0 + 587 x 0 - 114 x 128 ) / 1000|
dL = |( 0 + 0 - 14 592 ) / 1000|
dL = |-14 592 / 1000|
dL = |-14,592|
dL = 14,592

Donc dL < 125

dT = |R1-R2| + |V1-V2| + |B1-B2|
dT = |128-128| + |0-0| + |0-128|
dT = |0| + |0| + |-128|
dT = 0 + 0 + 128
dT = 128

Donc dT < 500

Au vu du faible score, que ce soit au niveau du contraste ou de la différence de luminosité, même une personne ayant une très bonne perception des couleurs risque d’avoir des difficultés à distinguer ces deux-ci.

En revanche, voici un exemple totalement arbitraire de deux couleurs assez faciles à distinguer:

Couleur n°2 : rvb(10, 20, 40)
Couleur n°1 : rvb(210, 220, 140)

Si l’on refait les mêmes calculs on obtient alors : dL = 188,6 et dT = 500. Ce qui est bien plus facile à lire

Conclusion

Si le choix des couleurs d’un site est en grande partie dirigé par la recherche esthétique du graphiste qui est le garant d’un bon équilibre visuel, ce dernier ne doit pas oublier la finalité d’un site web qui est avant tout de transmettre de l’information non pas pour qu’elle soit écrite mais pour qu’elle soit lue. Et contrairement aux idées reçues, prendre en compte l’incapacité de certains internautes à distinguer certaines couleurs ne représente pas un investissement colossal : une simple calculatrice suffit!

Cependant, si les calculatrices vous donnent des boutons, sachez qu’il existe des outils plus perfectionnés et gratuits tels que checkmycolours.com ou l’extension WCAG Contrast checker pour Firefox


(1) http://www.lasik.asso.fr/maladies-oculaires/differents-troubles-de-la-vision-des-couleurs?page=0,0
(2) http://ophtasurf.free.fr/lavision.htm
(3) http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080222062926AAx5FXv
(4) Petit rappel: |x| se lit “valeur absolue de x
(5) Ces formules ne sont que des propositions du W3C et elles peuvent être amenées à changer au gré des découvertes sur le sujet


Bien choisir ses couleurs pour le web par Charles-Edouard Coste est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité – Pas de Modification 3.0 France

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Grand tirage du web3.0: A qui le tour?

Les cordonniers sont connus pour être les plus mal chaussés. Mais si l’on veut parler de chaussure, ce sont les mieux placés quand même!

Par contre concernant Internet, force est de constater qu’un cordonnier a plus de chance d’être consulté qu’un architecte web. A se demander si Internet n’est pas devenu un monde en marge de l’informatique et dont les dirigeants changent tour à tour. En tout cas je ne trouve pas d’autre explication au phénomène que j’observe depuis quelques années.

“Le Navigator 3000!” Il tranche, il mixe, il fait tout!

Il y a quelques temps déjà, je retenais ma colère en écoutant le vendeur de téléphone portable me dire que si je souhaitais regarder mes e-mails, il me suffisait de les lire via un webmail:

  • “Vous êtes chez qui? MSN? Gmail? Yahoo?”
  • “ccoste.fr”
  • “Ah je connais pas celui là…”
  • “C’est normal, c’est chez moi”

Mais comment en vouloir à ce brave garçon qui ne fait que son travail : vendre des téléphones et des abonnements ?

Après tout, ce n’est pas sa faute si ses employeurs désireux de faire banquer leurs clients ont décidé qu’il y avait plusieurs internets:

  • Un internet pour les sites web
  • Un internet pour les sites wap (qui sont aussi des sites web, mais bon…)
  • Un internet pour les e-mails
  • etc.

En gros on achète un smartphone bourré de fonctionnalités à 1€ et on paye un abonnement les yeux de la tête qui ne permet pas d’en utiliser plus de 10%. Car même avec un abonnement soit-disant “full internet” :  imap et pop3, c’est 10€ par mois.

Ah!  Quelle belle philosophie que celle du “tout par le navigateur“! Il faut dire que ce bel esprit  offrait de nouveaux horizons depuis que le leitmotiv des administrateurs était devenu : “on coupe tout sauf http(s)“:

  • des téléchargements plus longs
  • des panneaux d’administration en ajax ou en flash qui rament comme ils n’en peuvent plus en lieu et place de logiciels optimisés…
  • j’en passe et des meilleurs…

À l’œuvre, on reconnaît l’ouvrier.

Grâce à cela,  nous avons pu enfin remettre les choses en ordre et donner des applications à développer à de vrais professionnels: les graphistes!

Ah ben oui! Donner des applications à développer à des développeurs… Quelle idée!? Bon nombre d’entre eux ne savent même pas faire du flash! C’est bien connu: les seuls compétents pour faire des applications sont des graphistes flasheurs! Demandez chez Adobe, ils vous le diront.

Après tout: l’interopérabilité, l’accessibilité et l’ergonomie sont des domaines qui peuvent bien être sacrifiés au profit de graphismes lisses et d’animations fluides…

Mais ce qui me plaisait le plus c’était la réponse que l’on nous donnait lorsque l’on demandait : “mais pourquoi faire cette application en flash? Il vaut mieux faire un programme à installer sur son ordinateur! C’est plus sûr, plus rapide et ça ne dépend pas d’un plugin flash propriétaire!”

La réponse courante était alors : “Oui… mais voyez-vous… Les gens ne veulent pas avoir à installer un logiciel. C’est trop compliqué.”

  • “Bonjour monsieur l’ingénieur civil! Pourriez-vous supprimer tous les ronds-points de France?”
  • “Oui mais ça va faire des accidents!!”
  • “C’est vrai, mais voyez-vous… Les gens ne savent pas prendre les ronds-points. C’est trop compliqué”

Espérons que pourrir le web et infantiliser les utilisateurs en leur faisant prendre de mauvaises habitudes permettra à long terme de réconcilier les néophytes avec les nouvelles technologies.

Une appli pour chaque site et chaque site à son appli

Heureusement aujourd’hui la donne a changé! Des architectes web de génie réussissent progressivement à faire évoluer les choses. J’ai nommé: les commerciaux de chez Apple et leur Apple Store!

Il faut reconnaître que d’un point de vue technique, l’iPhone est plutôt bien conçu. Pas de support des applications Flash, donc aucun risque de voir les utilisateurs se rendre sur des sites qui rament et vident la batterie à vue d’oeil. C’est assez malin finalement puisqu’il semble évident  qu’un utilisateur lambda n’ira jamais critiquer le choix technologique de la page tunnel en Flash de CDiscount ou d’Allociné qui plombe déjà certains PC et se contentera de se plaindre chez Apple de l’autonomie de leur iphone.

En lieu et place des applications flash qui ne sont pas compilées et tournent dans un navigateur (donc 2 raisons de ramer), Apple propose des applications (des vraies qui s’installent). Ces dernières sont compilées pour la machine comme devrait l’être toute application cliente et s’installe d’un simple clic. Quoi? Mais… Non je ne rêves pas? Oui… Ils ont fait ce que Linux fait déjà depuis plusieurs années sans que le grand public ne le sache parce qu’on préfère lui rabâcher que Linux c’est gratuit trop compliqué et que donc ce n’est pas pour lui…

Je parle d’Apple mais finalement toutes les marques de téléphone suivent le mouvement… Forcément! Ils ont des commerciaux eux aussi…

Et alors que pour une fois des choix commerciaux se révélaient aller dans la même direction que le bon sens technique, on redescend sur Terre en voyant des pubs comme “L’application Korben pour iPhone” ou “L’application Journal du Geek pour iPhone“.

On passe d’un extrême à l’autre. D’abord: “J’ai pas besoin d’installer un programme, un navigateur ça me suffit” , puis quand on se rend compte que ça rame et que ça plante, on passe à “Installe toutes les applications Pokemon et tu seras le maître Pokemon” jusqu’au jour où on se rendra compte que c’est chiant mais d’ici là y en a qui se seront fait un paquet de fric là dessus.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Si tu veux lire mon blog, installe l’application Read@Charly, puis si tu veux m’envoyer un mail, t’as qu’à installer l’application Mail@Charly. Et tout ça juste pour avoir mon logo dans la liste des 150 applications que tu vas devoir t’amuser à installer à chaque fois… D’un ridicule!

Mais on pourrait aller plus loin encore! Pour chaque site internet: un navigateur, un lecteur RSS, une appli d’envoi de mail… Bon ça coutera 1€ quand même à chaque fois parce qu’il faut payer le Mac avec la dernière version de MacOS et le SDK pour développer l’application, mais avouez que ça serait génial!

Conclusion

Plus sérieusement. On a donné le Web1.0 à massacrer aux graphistes. Aujourd’hui on donne le Web2.0 à polluer aux commerciaux. Mais pour l’avenir je me pose une question : le Web3.0 sera-t-il celui des pharmaciens ou des coiffeurs?


Grand tirage du web3.0: A qui le tour? par Charles-Edouard Coste est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité – Pas de Modification 3.0 France

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Pourquoi j’utilise wordpress.com

Voilà ceci est mon premier billet sur wordpress.com! Je ne m’étendrai pas sur 50 pages étant donné que de toute manière peu de gens risquent de passer par là. Cela dit il faut bien le commencer ce blog!

Histoire de donner un peu d’intérêt à ce billet, je me contenterai juste de dire ce qui m’a amené à utiliser ce service.

Pour résumer :

  • WordPress implémente le protocole OStatus qui va me permettre de coupler son utilisation avec celle de mon micro-blog (gazouilland.fr, fonctionnant sous StatusNet) mais aussi avec d’autres services de réseaux sociaux à venir comme GNUSocial ou Diaspora
  • Le service WordPress.com (contrairement à blogger de Google) permet de générer un code html valide.
  • Ne désirant pas, pour l’instant, me spécialiser dans l’intégration de solutions WordPress (j’ai déjà bien assez de travail avec eZ publish) je me contenterai pour l’instant d’un compte gratuit.

A bientôt pour de nouvelles aventures!


Pourquoi j’utilise wordpress.com par Charles-Edouard Coste est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité – Pas de Modification 3.0 France

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